La Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire
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Edito du Président

@BVT
L’année 2020 a été marquée par une situation de crise inédite due à la pandémie de Covid-19. Cette crise sanitaire, sans précédent, a entraîné le ralentissement de l’économie mondiale (-3,4% de PIB en 2020) et, par effet domino, le freinage brutal de l’activité industrielle, des échanges commerciaux et de la consommation. Le PIB américain a chuté de -3,5%, tandis que la zone euro, avec une contraction de  6,8% de son PIB, a été la plus touchée. Seule la Chine a pu tirer son épingle du jeu (+2,3%) grâce à une reprise rapide.

Au niveau national, le PIB a chuté de -8,2%, une récession historique en temps de paix. Néanmoins, la Banque de France table sur un redressement de l’activité économique française dès 2021 avec une progression de +5,5% du PIB. Les spécialistes misent sur la "désépargne" des ménages qui devrait contribuer à un retour rapide de la consommation ; ce d’autant que leur revenu a été globalement préservé pendant la crise et que le marché du travail est resté stable.

Si l’impact de la crise sur l’économie française s’est avéré douloureux, les entreprises ont, de leur côté, globalement pu résister grâce aux mesures de soutien mises en place par l’Etat :
  • Les Prêts Garantis par l’État (PGE) qui devraient être prolongés jusqu’à la fin de l’année 2021 ;
  • Des mesures fiscales et sociales pour les entreprises et les dirigeants : indemnisation de l’activité partielle, prise en charge des coûts fixes, report des échéances d’URSAFF… ;
  • Des subventions : fonds de solidarité, aide à la numérisation… ;
  • Mais également un soutien aux ressources humaines, un accompagnement aux entrepreneurs, des dispositifs d’aide à l’international (chèques export) et des plans de soutien sectoriels (aide aux stocks invendus).

UNE ANNÉE HORS NORME EN FLUX TENDUS POUR LA FILIÈRE TEXTILE ET MODE
Pour les acteurs de la filière Textile-Habillement, l’année 2020 s’est révélée particulièrement difficile, leur situation financière pré-Covid étant déjà très tendue. Le secteur textile a subi un fléchissement significatif de l’activité industrielle de -13,8%, et les exportations de textile-habillement ont fortement baissé (-14,4%).

Ainsi, tout au long de l’année 2020, en plus de leur sous-activité, nombre d’entreprises ont pâti de chaînes d'approvisionnement qui dépendaient fortement de l’Asie.

Les maîtres mots de cette année 2020 auront donc été : manque de visibilité, prédominance des commandes à court terme, voire arrêt total des chaînes de production et difficultés d’approvisionnement matière.

Autres facteurs d’incertitude, la hausse récente des coûts d’approvisionnement, en lien avec la flambée des prix des matières premières qui atteignent des niveaux très élevés au premier semestre 2021. Une décélération est toutefois attendue pour le deuxième semestre 2021. A cela, s’ajoute un dérèglement inédit du fret maritime qui engendre des retards de livraisons qui se répercutent sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

En réaction, les industriels revoient progressivement leur stratégie de sourcing avec des relocalisations régionales ou en zone proche-import qui leur octroient une plus grande agilité et leur permet de produire de plus petits minimas.

Malgré ce contexte, la filière Textile et Mode a su faire front et innover. Dès mars 2020, les industriels ont adapté leurs chaînes de production et les collaborations se sont multipliées pour pallier le manque de masques. C’est ainsi qu’est né le collectif "Savoir Faire Ensemble" qui réunit les deux branches du secteur, Textile et Habillement, autour d’un même projet. Plébiscités par la DGE et testés par la DGA, ces masques "Made in France" s’imposent aujourd’hui comme la référence des masques en tissu Grand Public.

La France, avec la publication en mars 2020 de l’AFNOR SPEC S76-001, s’est positionnée comme pionnière de la normalisation sur le sujet. Elle a inspiré l’Europe pour la publication d’un guide et elle conserve aujourd’hui sa position d’expert, en gérant le projet d’élaboration d’une norme européenne.

DE NOUVEAUX COMPORTEMENTS D'ACHATS EN PHASE AVEC LES ASPIRATIONS DES CONSOMMATEURS
Un an de pandémie et presque autant de télétravail ont profondément modifié les comportements d’achat. Les notions de possession et de surconsommation sont dépassées tandis que la seconde main, l’upcycling et la location s’imposent progressivement. Éduqués, informés et impliqués, les consommateurs sont plus exigeants et aspirent désormais à une consommation en phase avec leurs valeurs. Ils recherchent des produits plus qualitatifs, plus écologiques et à plus forte valeur ajoutée. Ils veulent également payer un prix "juste" et exigent des marques, dialogue et transparence. A cet égard, la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire est fortement engagée dans le cadre des lois "AGEC" et "Climat et Résilience" pour que l’information du consommateur, notamment sur l’origine géographique du produit, soit compatible avec des contraintes acceptables pour les entreprises.

Dans le même temps, les notions de confort et de "bien-être" ont été primordiales durant cette période, et la tendance du "relax tailoring" avec des tenues plus simples, casual et sans limite de lieu ou de genre est devenue la norme. Ce changement de paradigme qui révèle une nouvelle vision du monde et des affaires est au centre des réflexions des marques et des distributeurs, et a modifié en profondeur leur façon de commercer.

Parallèlement, la crise de la Covid-19 a propulsé l’essor des ventes en ligne avec une part de marché dépassant les 20% pour les articles de mode, selon l’IFM. Internet s’est imposé comme un circuit de distribution vital pendant la crise, et la tendance se poursuit. Les marques redoublent d’efforts pour gagner des parts de ce marché ultra concurrentiel. Le "click & collect" et le "ship-from-store" se généralisent et les marques qui n’avaient pas ou peu développé ces services omnicanaux ont été contraintes de s’engager. Dans ce cadre, les aides à la digitalisation proposées par l’État ont notamment permis aux acteurs du secteur d’intensifier leur stratégie digitale. Ainsi, les points de vente deviennent de véritables lieux composites ultra-connectés où ventes et services s’entremêlent et proposent aux consommateurs de véritables expériences shopping.

Toutefois, l’e-commerce n’a pas suffi à compenser les fermetures des magasins et les ventes de textile-habillement ont fléchi de -15% en 2020. Un phénomène de "re-stockage" se met en place depuis janvier, et on observe une embellie de la consommation d’articles d’habillement depuis la réouverture des magasins. Selon Euler Hermes, un rebond de +14% du chiffre d’affaires du secteur est attendu, mais le retour au niveau d’avant crise va dépendre de l’évolution de la pandémie que, malheureusement, personne ne peut prévoir.


Le secteur traverse probablement l’une des pires crises de son histoire, mais il se montre résilient. Restons optimistes mais attentifs aux évolutions conjoncturelles et gageons que les stratégies mises en œuvre en 2020 deviennent la formule gagnante pour les années à venir. Plus que jamais, la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire est en première ligne sur tous les fronts et agit auprès des acteurs économiques et politiques pour accompagner ses adhérents et améliorer leur développement sur les marchés nationaux et internationaux.


Grégoire GIRAUD
Président de la Fédération
de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire


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