La Fédération de la Maille et de la Lingerie
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Edito du Président

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Dans un monde technologiquement triomphant, soyons agile et responsable !

En 2016, selon Euler Hermes, la croissance mondiale est restée bloquée sous le seuil des 3%, du fait, notamment de l’effondrement du cours du pétrole, de la crise boursière en Chine, de la destitution présidentielle au Brésil, ou encore de la tentative de coup d’Etat en Turquie. En revanche, la croissance européenne s’est montrée résiliente malgré les tensions politiques et économiques comme le vote du Brexit. Autant de sujets d’inquiétude qui ont favorisé l’épargne et bloqué les investissements.

La France n’a pas été épargnée. La croissance a été freinée (+1,3%) par les attentats terroristes, les grèves, les intempéries et les mauvais scores du commerce extérieur. Seul le secteur privé a connu une amélioration grâce au CICE. En effet, il a enregistré une progression de ses emplois pour le 7ème trimestre consécutif bien que l’industrie et la construction soient toujours à la peine, que la précarité continue de progresser et que la dette publique explose (97,5% du PIB). Toutefois, selon l’INSEE, la France devrait rattraper la croissance moyenne de la zone Euro en juin 2017 (+1,1%).
Dans ce contexte macro-économique difficile, la filière textile-habillement française est en mauvaise posture : la consommation de textile-habillement continue de fléchir (-1,2%) pour la 9ème année consécutive.

Cependant, l'industrie de la Mode reste un secteur économique de poids dans l'industrie française. En effet, si on la considère dans son ensemble (vêtements, maroquinerie, parfums, optique, horlogerie et joaillerie), elle pèse 150 milliards d'euros dont 33 milliards d'euros à l’export et 36 milliards d'euros de valeur ajoutée. Elle génère également 1 million d’emplois et représente 1,7% du PIB français ; loin devant les secteurs automobile et aéronautique (Institut Français de la Mode, IFM) !

Malgré la crise, à la fois structurelle et conjoncturelle du secteur textile-habillement, les industriels de l'ensemble de la filière (amont et aval) continuent d’investir en R&D, en développement industriel (nouveaux procédés de fabrication), et misent sur des produits différenciants et à forte valeur ajoutée. Ils poursuivent également la transition numérique et les chantiers technologiques et sociétaux. Ce qui met en exergue les opportunités toujours plus nombreuses.

La fashion tech est un sujet d’innovation infini pour les ingénieurs, les stylistes, les designers et même les sociologues. Les objets connectés ont représenté, en 2015, un marché de 350 millions d’euros selon l'institut GfK et pourraient atteindre 840 millions d’euros en 2016. Si la santé et le sport se sont emparés du sujet, les accessoires de mode "wearables" ont également tiré cette progression vers le haut. Les initiatives se multiplient, les start-up fleurissent autour du sujet des vêtements connectés alors même que le marché reste encore méconnu et que des freins à l’achat apparaissent (méfiance envers le big data, gestion des données personnelles, effet gadget…).

Mais le numérique ne concerne pas que la production, il bouleverse également la distribution. Selon l’IFM, entre juin 2015 et juin 2016, les achats de vêtements sur Internet ont pesé 5 milliards d'euros, soit 16,7% des dépenses des Français dans l’habillement. La digitalisation de notre industrie et de notre distribution, qui était déjà au cœur de nos préoccupations ces dernières années, reste donc notre priorité.

Ainsi, on assiste à une convergence croissante entre les magasins physiques et le e-commerce, confortée par les prévisions du site "RetailMeNot" pour l’achat en ligne : 232,6 milliards d'euros en 2016, 265,7 milliards d'euros 2017 et 302,4 milliards d'euros en 2018. Les enseignes s’organisent, digitalisent leurs points de vente et améliorent "l’expérience shopping" afin de vendre à un consommateur toujours plus mobile, ultra connecté et surinformé. Ce qui reste encore insuffisant puisqu'une étude de Cap Gemini Consulting révèle le grand écart entre la vision des distributeurs et celle des consommateurs : 81% des retailers continuent de croire en l’importance des magasins physiques alors que seuls 45% des consommateurs partagent ce point de vue.

A côté de ce premier bouleversement qu’est le e-commerce, un bouleversement plus profond émerge : le m-commerce. Aujourd’hui, les clients souhaitent essayer les vêtements en boutique, les acheter sur leur smartphone n’importe où et n’importe quand, puis se les faire livrer à leur domicile. Cette flexibilité, cette mobilité bouleverse encore et toujours plus nos habitudes, nos interactions sociales, nos valeurs. Et cette tendance à l’utilisation compulsive du smartphone ne fera que croitre dans les années futures avec le développement d’applications bancaires permettant de régler facilement ses achats (directive européenne 2015/2366 du 25 novembre 2015). Les marques n’ont donc désormais plus le choix. D’une part, elles doivent intégrer dans leur stratégie de conquête marketing des canaux de diffusion comme Snapchat, Instagram et Twitter ; d’autre part, elles doivent investir massivement dans le développement du smartphone comme outil de distribution.

Une autre tendance apparaît dans le textile : celle du "bon produit". Ce dernier est associé à l'idée de transparence dans la fabrication et souvent de "Made in France". Cette préoccupation semble reprendre de l’importance dans l’esprit des consommateurs qui privilégieraient de plus en plus la qualité à la "bonne affaire". En plus d’entretenir la confiance des consommateurs, le "Made in France" constitue un véritable levier pour l’emploi.

Dans un monde mutant technologiquement, les usages empreints d’une conscience "politique" évoluent, toutes générations confondues. Le concept de RSE, Responsabilité Sociétale des Entreprises, reprend tout son sens. La mondialisation peut s’organiser pour profiter au plus grand nombre : la RSE doit être la pierre angulaire et non une variable d’ajustement de notre monde globalisé. Les efforts à déployer sont d’autant plus grands que les besoins à satisfaire sont de plus en plus spécifiques et en évolution perpétuelle. Notre responsabilité de dirigeants au service du bien commun est donc capitale.

Les premiers signaux observés depuis le début de l’année 2017 permettent de redonner confiance aux chefs d’entreprises malgré les incertitudes géopolitiques. Aspirant tous au changement, nous sommes en marche -ensemble et à vos côtés- pour fédérer toutes les énergies, poursuivre la dynamique enclenchée, accompagner les mutations en cours et mieux répondre aux enjeux à venir de notre Profession.

S’ENGAGER, PARTAGER, TRANSMETTRE et AGIR, telle est et restera la devise 2017 de la Fédération de la Maille & de la Lingerie.

Dominique SEAU
Président de la Fédération
de la Maille & de la Lingerie

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