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La relocalisation industrielle en France : le retour aux sources

Le contexte économique reste difficile. Sa traduction en un ralentissement pour la filière est alimentée par les mutations profondes du comportement des consommateurs. L’évolution des mentalités pourrait, toutefois, encourager la profession à renouer avec des atouts que la mondialisation lui avait fait oublier.

La France n’aura pas renoué avec une croissance dynamique en 2018, accusant même un net ralentissement par rapport à 2017 (+1,5% contre +2,3% en 2017). Autour d'elle, la croissance a été modérée dans la zone euro, les Etats-Unis ont poursuivi la leur, tandis que certains pays émergents ont fait face à des poussées inflationnistes.

Une reprise fragile
Les observateurs s'attendent à un rythme de croissance similaire en 2019. Trois éléments plaident en faveur de cette hypothèse qui se vérifie chaque jour, de plus en plus. Tout d'abord, la dynamique soutenue de l'investissement des entreprises françaises, encouragée par les profits réalisés et la transformation du CICE en baisse de charges. Ensuite, la hausse attendue du pouvoir d'achat qui, sur fond de crise des gilets jaunes, est devenue une priorité pour le gouvernement. Enfin, la baisse du chômage qui permettrait de maintenir l'emploi à un niveau équivalent à celui de 2018.
Mais une ombre vient perturber ce tableau. Les freins à l'embauche perdurent, alimentés notamment par une inadéquation entre les attentes des employeurs et le profil des candidats, et par l’implantation géographique des entreprises. Ce dernier point a motivé l'annonce du lancement d'un Volontariat Territorial en Entreprise (VTE) qui propose, aux jeunes diplômés, une expérience d’un an dans une PME ou une ETI industrielle, implantées notamment dans les "territoires d’industrie".
 
Un faux espoir pour la mode et le textile
La reprise observée en 2017 aura été de courte durée. Les ventes de textile-habillement ont enregistré un recul de  2,9% en 2018, selon l’IFM. Les signes du ralentissement sont bien là : baisse du trafic dans le commerce physique et croissance modérée du web marchand, pourtant traditionnellement très dynamique.
A ce constat, deux explications principales sont classiquement apportées : la saturation de l’offre qui engendre une concurrence pénalisant toute la profession et des arbitrages budgétaires de plus en plus durs.
Plus fondamentalement, l’évolution du comportement des consommateurs pourrait constituer la principale explication. Les clients sont désormais en quête de sens plutôt que d’accumulation de biens matériels, et entrent dans une posture de "dé-consommation choisie", une consommation plus "réfléchie et responsable". L’argument de la "fabrication locale" ne suffit plus. Les clients attendent des produits de fabrication locale selon une démarche respectueuse des hommes et de la nature. Pour finir, l’immédiateté et la réactivité du digital ont fait naître, chez eux, le désir de produits personnalisés et obtenus tout de suite !

Un retour aux sources

Toute la filière est sommée de réfléchir à ses fondamentaux, à commencer par les produits autant que sa production ou sa distribution.
La distribution n’a pas attendu. Elle investit massivement, réinvente sa supply chain, lance de nouveaux formats de magasins, tandis que les pop-up stores prolifèrent.
De l’autre côté du décor, la relocalisation de tout ou partie de la production à proximité des bases d’origine (en France ou en zone Euromed) occupe le devant de la scène. Le ralentissement du commerce mondial constitue le décor de ce nouvel acte de l’histoire de la filière, tandis que les enjeux sociaux et environnementaux occasionnés par la consommation de masse y jouent des rôles prometteurs.
Les raisons même, qui ont accéléré l’engouement pour les délocalisations massives d’hier, tendent à se retourner : les salaires chinois ont monté, les coûts de transport ont augmenté, les règles très strictes et coûteuses de l'Union Européenne deviennent des garanties du "produire vertueux", les besoins de "grandes séries" ont diminué. Les productions rapides de séries courtes, exigées par les nouvelles attentes des clients, et les besoins accrus en savoir-faire d’exception, confèrent à la France des atouts dans ce mouvement émergent de relocalisation. L’occasion aussi pour nos entreprises de se repositionner et de s’affirmer face à la concurrence. Déjà de multiples initiatives destinées à dynamiser les écosystèmes locaux, tels les pôles de compétitivité ou les clusters, ou à améliorer l’accès au financement, voient le jour et s’inscrivent dans cette recomposition de l’hyper-mondialisation.


La France serait donc en passe de donner le la d’un concert, au cours duquel un public qui entonne un air connu mais presque oublié, encourage celles et ceux qui sont sur scène à le jouer. Pour que nos industriels continuent à jouer une belle partition, notre rôle est de faire savoir à tous que le "produire local" entraîne une "consommation réfléchie et responsable".

Grégoire GIRAUD
Président de la Fédération
de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire


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