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Sourcing mondial 2016

Principales tendances de sourcing de l'Union européenne


A hauteur de 74,6 milliards d'euros, les importations européennes d’habillement se sont stabilisées à +0,2% au cours des 11 premiers mois de l’année 2016 (74,4 milliards d’euros à fin novembre 2015).

L’Empire du Milieu reste le principal fournisseur de l’Union européenne avec 34% de parts de marché, mais ce pourcentage est en baisse constante depuis quelques années. Les importations de l’UE en provenance de la Chine ont, en effet, diminué de -8% en valeur mais restent positives en volume (+0,6%). La hausse des salaires chinois, les prix élevés de la laine et du coton sur son marché interne ainsi que les taxes d'importation coûteuses sur le matériel de production, incitent les acheteurs internationaux à se tourner vers d’autres fournisseurs, tels que le Bangladesh, le Cambodge ou encore le Vietnam. Ces trois pays bénéficient d’une main d’œuvre qualifiée et d’usines performantes, généralement issues d’investissements chinois.

On constate donc qu’au Cambodge, 80% des entreprises d'habillement sont chinoises. Ce qui permet aux chinois de garder la mainmise sur le secteur. 2017 sera d’ailleurs une année décisive pour l’industrie textile chinoise qui joue sur plusieurs tableaux, à la fois sur les marchés et sur les ressources chinoises et étrangères. Son offre se transforme et on assiste à l’accélération du passage de pure source d’approvisionnement à créateur de mode, en partie grâce aux innovations technologiques.

Le Bangladesh, qui bénéficie du Système de Préférence Généralisé et de coûts salariaux peu élevés (69 dollars US le salaire mensuel minimal), reste sur sa dynamique de croissance avec +8,2% de ses exportations vers l’UE. L’année 2016 a été marquée par une croissance exceptionnelle du Myanmar (+63,6% en valeur et +68,23% en volume) où les coûts salariaux sont modérés (83 dollars US mensuel.

En 2016, la variabilité des taux de change a amélioré la compétitivité des pays méditerranéens. Les prix d’importation restant relativement élevés en Asie, les donneurs d’ordre se tournent davantage vers le sourcing de proximité. Les coûts de main d’œuvre y sont certes plus onéreux que dans les pays d’Extrême-Orient mais les coûts de transports eux, le sont beaucoup moins. Ainsi, le Maroc (+10%) qui se place juste derrière le Vietnam a enregistré en 2016 une bonne performance de ses exportations d'habillement. Il est considéré comme le maillon stable des pays du pourtour méditerranéen. L’Espagne via le Groupe Inditex, est son principal client ; il y aura exporté pour plus de 1,3 milliard de dollars. A noter qu’un sourcing rapproché du réseau des points de vente a l’avantage d’une grande souplesse dans les réapprovisionnements, permettant ainsi une meilleure gestion des stocks. Cependant, la zone d’ombre de ce type de sourcing réside dans des marges brutes unitaires "directes" qui peuvent être moins favorables.

On note également du côté des manufacturiers de l’Europe de l’Est, une hausse des importations de l’Albanie (+24,5%), de l’Ukraine (+14%) et de la Serbie (+6,8%). Cette dernière a gagné 176 places en 10 ans. Leur proximité avec la Turquie facilite l’acheminement des tissus, ce qui incitent l’Union eupéenne à se tourner vers eux pour le sourcing de court et moyen termes.







Principales tendances de sourcing de l'Italie


Pour ses importations d'habillement, l’Italie privilégie un approvisionnement de proximité, avec une croissances des importations en provenance d’Espagne (+11,4%), du Portugal (+15%), de Roumanie (+6,8%), de Croatie (+4,4%), d'Albanie (+18,7%), de Bulgarie (+4,8%) et de la République Tchèque (+18,7%).

Sur la zone Euromed, la Tunisie (+2,4%) est le premier fournisseur de l’Italie grâce à la présence très forte de la marque Benetton qui lui permet ainsi de maintenir son leadership devant la Turquie (+0,4%).

Du côté de l’Asie, la Chine qui reste le premier pays client de l’Italie, perd en puissance (-11,1%) au profit du Bangladesh (+2,3%). La compétition devient rude pour ses voisins en perte de vitesse, Vietnam (-3,2%), Cambodge (-2,4%), Indonésie (-6,4%) et Sri Lanka (-7,3%). Le Sri Lanka peine à rivaliser avec les produits fabriqués dans les pays voisins qui proposent des produits à moindre coût et de qualité correcte. Il est donc dans son intérêt d’augmenter sa production de produits à plus forte valeur ajoutée a destination d'un marché plus haut de gamme.





Principales tendances de sourcing de l'Allemagne


A l’instar de l’Italie, on observe une tendance positive au sourcing de proximité. L’Italie, l’Espagne et le Portugal ont également augmenté leurs exportations vers l’Allemagne au cours de l’année 2016, respectivement de +7,6%, +3,2% et +0,9%. Les pays de l’Europe de l’Est profitent également de ce regain d’intérêt pour la fast fashion : Pologne +20%, République Tchèque +127,1%, Slovaquie +8,6%, Bulgarie +8,6%, Hongrie +0,7%, Croatie +5,6%.

La Chine reste le principal fournisseur d'habillement de l’Allemagne malgré une baisse de -9,5% de ses exportations. Etonnamment, le Bangladesh subit une diminution de -2,1% de ses importations, mais progresse en volume de +3,2%. Dans la région, le Myanmar +52,8% et le Vietnam (+28,4%) restent compétitifs.

La Turquie a vu ses approvisionnements d’habillement sur le marché allemand baisser à -1,1% en 2016. Les Turcs ont un véritable savoir-faire en termes d’innovation dans le denim, mais l’insécurité et la dérive autoritaire observées en Turquie ces dernières années, incitent les donneurs d’ordre à rester très vigilant.


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